Dans la lignée du Guide de l'Eco-communication réalisé par l'Ademe, nous souhaitons créer un Guide sur l'Eco-communication numérique. En effet, le développement des TIC rend ce sujet incontournable à nos yeux.
Eco-communication Numérique
1) Web : un outil incontournable
Les évolutions du web vers une interface collaborative et la démocratisation de ces outils ont amené une pratique généralisée du média Internet.
En 2009, 50% de la population se connecte au moins une fois par jour à ce média.
Le web 2.0 a multiplié les échanges, changé les modes de communication entre les usagers et bouleversé les pratiques en termes de communication professionnelle.
La communication traditionnelle sur support papier (plaquettes de présentation, carte de visites, affiches, livrets) ne couvre plus la totalité des enjeux communicationnels.
Les professionnels de la communication doivent désormais être présents dans le « cyberespace ». Le web 2.0 par sa facilité de production et de diffusion d'information à faible coût devient l'outil indispensable pour communiquer. De plus les évolutions du web confirment l'importance d'une communication externe numérique mais aussi lance le processus d'une réorganisation interne dans les systèmes de gestions d'informations.
Les entreprises ont dû développer leur identité numérique pour être visible sur la toile. Pour toucher tous les publics, le blog est devenu un outil communicationnel léger et réactif indispensable pour se faire connaître et informer les lecteurs sur les actualités du secteur et les innovations mis en place au sein de l'entreprise. Une communication institutionnelle s'est aussi développée sur les réseaux sociaux pour ajuster l'image de l'entreprise à ces nouveaux usages.
La communication interne et externe des entreprises, des organisations, des collectivités s'est vu transformée par le web 2.0, mais ce n'est que le début du processus.
Une perpétuelle évolution : Du 2.0 vers le 3.0
En effet, le futur Web (Web3.0) laisse présager une augmentation et accélération du processus de virtualisation et de dématérialisation des entreprises. Le web 3.0 serait donc une plate-forme pour les données.
Les TIC ont permis le transfert et le partage de documents quasi-instantanément. L'essence même du document papier, sa fixité, sa pérennité, qui faisait sa force, lui confère aujourd'hui sa faiblesse. Les entreprises privilégient aujourd'hui la souplesse et plasticité du document numérique.
En effet, le numérique apporte au document son caractère immatériel, c'est-à-dire la possibilité de séparer le contenu de son contenant, de déstructurer et restructurer à l'infini son contenu sémiotique. La facilité de production, d'édition et de diffusion offerte par le Web 2.0, renversent les normes de l'ordre documentaire établies. Le document numérique peut être retraité, changé, modifié par le lecteur, qui devient dès lors acteur/éditeur/auteur de ces écrits.
Les TIC ont provoqué un bouleversement organisationnel des entreprises en mettant le document numérique et sa diffusion au cœur des problématiques de gestion d'une organisation. Les entreprises s'engagent de plus en plus dans un système d'organisation par processus qui nécessite obligatoirement une utilisation intense des technologies de l'information et de la communication.
La communication numérique, tant au niveau interne qu'externe devient le pivot de tous les acteurs de l'économie de l'immatériel.
Les facteurs physique et financier de l'économie sont relégués derrière cette immatérialité qui est désormais source de valeurs. L'information numérique et l'information numérisée deviennent les éléments essentiels de la productivité et de la compétitivité des entreprises.
L'évolution croissante du marché du numérique est la preuve de ce renversement documentaire.
Marché du numérique
Le marché du numérique est en croissance constante.
Selon le Livre Blanc publié par l'APIL, l'APROGED et le CIGREF, le marché français du numérique s'élèverait à 1,84 milliard en 2006, soit une croissance de plus de 15% par rapport à 2005. Ce marché inclut les éditeurs et distributeurs de logiciels, les distributeurs de scanner professionnels, les intégrateurs, les prestataires de services, les tiers de confiance ainsi que les sociétés de conseils.
Cette étude nous indique que les modules de Record Management sont de plus en plus intégrés aux logiciels de gestion de contenu. Cela à pour signification que les entreprises mettent en place de véritables Système d'Archivage Electronique.(SAE)
Les administrations se mettent aussi au numérique. Elles ont investi 1 milliard d'euros en 2008 dans la dématérialisation, soit 33% de plus qu'en 2006. (600 millions)
Le rapport Levy Jouvet sur l'immatériel exprime bien l'importance prise par les TIC dans l'économie. Il affirme que« les TIC sont à l'économie de l'immatériel ce que le développement de l'électricité a été pour le modèle industriel ».
Le développement du format numérique par rapport au format papier est soutenu par l'état français.
France Numérique 2012
Conscient de ce développement, le gouvernement a mis en place un plan de développement de l'économie numérique: France Numérique 2012.
Il a pour objectif d'offrir un accès à la technologie numérique à l'ensemble des Français d'ici 2012. Il prévoit aussi un développement conséquent de la production et diffusions de contenus numériques et une diversification des usages et services numériques dans les entreprises, les administrations et pour les particuliers.
Ce Plan gouvernemental est un signe fort de l'importance que prend Internet et le format numérique dans notre société. Le « tout numérique » semble devenir la norme.
2) « redocumentarisation du monde »
Tout est document désormais, le monde se cartographie, s'individualise, se partage, s'annote, se modèle selon les besoins et connaissances de chacun. L'individu devient lui-même document par le réseau social.
Cette démultiplication des échanges numériques, cette « redocumentarisation du monde » selon l'expression du collectif de chercheurs Roger T. Pédauque a fait exploser la communication numérique par rapport à la communication papier.
Les enjeux de cette « redocumentarisation » sont conséquents tant l'ordre documentaire est mouvant et insaisissable.
Cette redocumentarisation a pour conséquence un accroissement de la production de documents numériques. Environs 400 Go de données sont crées à la seconde sur le réseau Internet!
La mémoire de l'entreprise
Ainsi, toute la mémoire d'une entreprise est désormais numérisée et la tendance est à son stockage, non pas sur le serveur de l'organisation, mais sur des serveurs délocalisés, spécialisés dans la sauvegarde et la mise en réseau de documents numériques.
La dématérialisation de la mémoire de l'entreprise permet ainsi le partage et l'édition de document en ligne, les réunions de travail en visioconférence, la dématérialisation des tâches.
Cette dématérialisation est l'instrument du modèle organisationnel des entreprises de demain.
Mais l 'évolution du web ne s'arrêtera pas aux documents numériques tels que nous les percevons. Le numérique permet aux objets, aux lieux, et aux individus de devenir document. Des tags et métadonnées seront automatiquement associés à chaque élément publié sur le web, que ce soit votre profil sur les réseaux sociaux, un monument pris en photo ou un événement auquel vous participez. La réalité augmentée est prête, des start-up européene ont déjà mis sur le marché des applications pour « smart phone » permettant à travers l'objectif de votre appareil de consulter des informations numériques sur ce qui se présente en face de vous.
La production de contenus numériques va devenir l'enjeu majeur de ces prochaines années. Le document numérique touche ainsi en priorité le domaine de la communication que ce soit au niveau interne, par la mutation de l'organisation des entreprises, mais aussi au niveau externe avec l'explosion de la communication par voie numérique.
L'utilisation croissante des technologies de l'information et de la communication n'est souvent considérée qu'au niveau de ses apports à la société.
3) Conséquence : L'impact énergétique
Si, en effet, les TIC ont des impacts positifs sur la société, elles ne sont pas non plus vierges d'effets négatifs pour l'environnement.
L'impact environnemental du numérique est réel et préoccupant. L'augmentation exponentielle des données laisse entrevoir une augmentation considérable des coûts énergétiques liés aux nouveaux usages des Internautes.
Pourtant, la dématérialisation du document n'est pas absolue. En apparence le document numérique est totalement dénué de substance physique mais il faudrait plutôt voir cette dématérialisation comme une réduction de son volume afin de le faire transiter dans le réseau. Sa structure est composée de 0 et de 1 qui forment des données stockées sur des serveurs.
Ainsi il ne faut pas perdre de vue que le support numérique nécessite toute une technologie importante pour le consommer, technologie qui dès lors devient un élément du support lui même.
Le support électronique n'est pas que le stockage physique mais tout un processus logiciel et matériel qui permet le transfert et le visionnage d'un document numérique.
La dématérialisation du document numérique est donc à nuancer et nous montre qu'un processus technologique complexe est déclenché à chaque demande de consultation ou à chaque création d'un document numérique. Ce processus, invisible aux yeux de l'utilisateur, consomme énormément de ressource énergétique pour fonctionner.
Internet selon une étude de l' « US Environnemental Protection Agency » consommera dans 25 ans autant d'énergie que l'humanité toute entière a consommé en 2008.
Pour chaque Watt utilisé sur un serveur, le stockage ou le réseau Internet, un autre Watt est consommé dans le système de refroidissement.
Le secteur de l'Informatique représente 2 % des émissions totale des GES sur Terre. Pour comparaison, les trajets aériens émettent 15 % de ces émissions.
Une simple recherche sur Google est synonyme de 1 heures d'énergie d'une lampe basse consommation.
Les 44 millions de serveurs dans le monde consomme 0,5% de la production mondiale électrique et sont responsables du rejet de 0,2% de Co2 dans l'atmosphère. C'est l'équivalent de 80 mégatonnes équivalant carbone, soit la totalité des émissions de GES de l'Argentine.
La virtualisation des serveurs par exemple permettrait de faire passer le taux d'utilisation de ces derniers de 20% à 90%. 4 Tonnes de Co2 pourrait être économisé pour chaque serveur virtualisé selon les chiffres de Vmware.
Dans les deux prochaines années, le contenu crée sur la toile sera équivalant au contenu entier produit depuis le début de l'humanité!
4) Eco-Communication Numérique
Face à l'explosion des contenus informationnels, les professionnels du secteur doivent prendre leurs responsabilités. C'est déjà le cas dans la communication papier et événementiel. Qu'en est-il du web?
Eco-communication
L'ADEME a publié en 2007 le guide de l'éco-communication. Ce guide vise à sensibiliser les professionnels de la communication sur leur process métier dans le but de réduire l'empreinte environnemental de leurs actions. Ce guide complet a grandement contribué aux modifications du processus de communication en y intégrant une démarche éco-responsable. Toute la communication physiquement palpable, tel que l'édition et l'impression de support de communication, mais aussi l'organisation d'événement est passé en revue afin d'y dégager les nouvelles possibilités de fonctionnement, d'organisation et de choix de matériaux. Ces recommandations incitent les acteurs de la communication à entrer dans une démarche responsable et soucieuse de protection de l'environnement.
C'est pourquoi nous souhaitons, en collaboration avec l'ADEME, travailler sur ce sujet. Une sensibilisation des acteurs à l'éco-communication numérique devient nécessaire à l'institution de bonnes pratiques prônant une utilisation respectueuse et durable des nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Guide de l'Eco-communication numérique
Un guide sur l'éco-communication « numérique », au regard des évolutions actuelles de la société et des pratiques communicationnelles devient indispensable pour sensibiliser au plus tôt les acteurs de cette économie de l'immatériel et ainsi relever le défi énergétique du numérique auquel nous sommes confrontés dès à présent.
Comment communiquer « vert » sur la toile? Comment réduire les émissions de Co2 du réseau dû à la croissance fulgurante des documents numériques et à leur gestion?
Tout le processus du document numérique, de sa création à son stockage doit être analysé afin de lister et de proposer des solutions concrètes pour une éco-communication numérique.
Ce guide sera une aide et une méthode pour faire face aux nouveaux enjeux énergétiques que représente la communication numérique aujourd'hui.
5) Etapes du Projet
Benchmark (Recensement et analyse des pratiques existantes)
Les enjeux de la communication numérique (consommation énergétique, accessibilité, usage)
Les chiffres et analyse de ceux-ci
Lister des bonnes pratiques (choix techniques, choix techniques, matériel)
Illustrer le guide avec un site internet dédié au guide éco-com numérique
6) Quelques chiffres clés
- un personnage virtuel de Second Life consomme chaque année autant d’électricité qu’un Brésilien et 10 fois plus qu’un Camerounais,
- chaque année, le réseau mondial consomme l’équivalent de 16 fois la consommation électrique de Paris
- télécharger la version électronique d’un quotidien consomme autant d’électricité que de faire une lessive (source : institut de recherche IZT),
- une recherche Google équivaut à l’énergie consommée pendant une heure par une ampoule à économie d’énergie (source : Strato)
- chaque année, les plus grands datacenters font tourner 14 centrales électriques. Selon les données de l’université, entre 2000 et 2005, leur consommation d’électricité a doublé (source : Green Grid, Université de Stanford)
- Consommation des data center = 45 milliards de kWh en 2005.








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